Société d’ Histoire de Revel Saint-Ferréol                                        LES CAHIERS DE L’ HISTOIRE

 

LA GARDIOLLE

d’après Marie Odile MUNIER

Extrait de « La Revue du Tarn » n°138 – été 1990.


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Pour plus d'information sur le village rendez-vous sur le site de La Gardiolle

www.lagardiolle81.net 

 

 

 

 

La Gardiolle, "village où rien de particulier n'est à signaler"


d'après le Répertoire toponymique des communes du Tarn, publié par l'Institut d'Etudes occitanes en 1988.

 

C'est peut-être vrai... ce n'est peut-être pas tout à fait vrai :
c'est ce que nous allons voir ensemble.

La Gardiolle ne possède pas d'archives antérieures à 1590, mais d'après l'Histoire du Languedoc et l'ouvrage de Théophile Azémar, "Dourgne et ses Consuls", on relève quelques faits qui permettent d'évoquer, avec prudence, sans doute, un peu de l'histoire de nos lointains aïeux.

 

Edifié sur un mamelon, à 225 mètres d'altitude, le château fort avec ses remparts et ses courtines, son pont-levis et ses douves, dominait la ville, ses deux églises et ses murailles.

 Du haut de ses tours de garde, il surveillait dans la plaine les "masatges" et les métairies disséminés sur les terres cultivables. Son rôle était alors de défendre et mettre à l'abri les habitants en cas d'éventuels incursions et pillages par les bandes armées, - ou en temps de guerre, par les armées régulières, ce qui justifie sans doute le nom de La  Gardiolle.

Au Xllle siècle, le village eut certainement à souffrir des ravages causés par les guerres contre les cathares. Jordain II de Saïssac, Seigneur de La Gardiolle et autres places dépose devant l'Inquisition.

 

 

Famille Avessens de Moncal La seigneurie de La Gardiolle
AVERSSENS SEIGNEURIE

 

Au siècle suivant, Géraud de Belleserre rend hommage en 1 389, à Charles VI, roi de France, pour la baronnie de La Gardiolle et la mitoyenneté de Dourgne et Arfons.

 

C'est vers la fin du XIVe siècle que, dans la Haute Ariège, vivait un seigneur puissant, Jean Ier, chevalier, seigneur des Fornets, Rabat et autres places, sénéchal du pays de Foix : racine d'une longue lignée qui ne disparaîtra pour nous qu'en 1748.

En 1420, il fait dresser un livre terrier en présence des consuls de Dourgne. Ce registre énumère les droits appartenant à messire Jean de Foix, comte de Rabat, seigneur de La Gardiolle, Saint-Avit, Dourgne et Arfons. Jean Ier rend hommage au roi Charles VII, en 1426.

 A son fils Corbayran de Foix-Rabat succède Jean Il qui fait acte de reconnaissance à Charles VII en 1452. Les consuls et les habitants de Dourgne reconnaissent en 1463 que la moitié de la seigneurerie et justice appartient au roi et l'autre moitié à messire Jean de Foix, seigneur de Montclar, comte de Rabat.

De nombreuses difficultés et donc des procès, à propos des droit: de justice, opposent le seigneur du lieu et les habitants de Ia communauté d'une part, et d'autre part par les habitants de La Gardiolle et de Dourgne.

 

A Jean III, succède Georges de Foix-Rabat succède à Jean III au XVIe siècle. Le lieutenant général de Villelongue dresse en 1556 procès-verbal et déclare que les consuls de Dourgne doivent prêter le serment de fidélité en les mains de messire Georges de Foix, comme baron de La Gardiolle et co-seigneur avec le roi, de Dourgne et Arfons. Les magistrats consulaires de Dourgne remettent au nouveau seigneur les clefs de leur ville. La pierre avec les clefs qui se trouve actuellement au-dessus de la porte de la mairie rappelle peut-être cet événement.

 

 

Noble Georges de Foix, ainsi disait-on, perd et retrouve ses droits plusieurs fois. Il plaide avec succès pour les eaux du Melzic en 1579. La cause du procès est un sujet d'actualité. Le baron avait établi des moulins à blé et les "eaux sont rares près du monticule où le seigneur avait sa seigneurerie".

 

 Le moulin de la Salle ne pouvait fonctionner qu'avec les eaux du Melzic, qui descend du vallon du Baylou. Or de temps immémorial, le seigneur est maître de l'eau et peut l'utiliser comme bon lui semble. Mais les habitants de Fondouce et de Salvignol prennent l'eau du Melzic pour  irriguer leurs terres. Un arrêt du Parlement de Bordeaux en 1 579 reconnaît les droits "dudit sieur Georges de Foix en la possession et jouissance dudit ruisseau pour le service desdits moulins et autres comme bon lui semblerait... enjoignant auxdits habitants d'ôter toutes les paissières, chaussées et autres empêchements qui détourneraient le cours du ruisseau... ". (Th. Azémar, p. 126-127).

 

 

La lutte fait rage dans la province en cette fin du XVIe siècle pendant les guerres de religion, et la contrée est très menacée.

 Le duc de Montmorency entreprend en 1587 d'aller au secours de Brugairolles, dans le diocèse d'Alet, mais il est devancé par le comte de Montgommery qui s'avançant vers Revel, le 17 octobre, s'empare en passant du château de La Gardiolle, dans le diocèse de Lavaur.

 

 
LES RIVALS

 

 

Le château est livré aux ennemis par la trahison du capitaine Cothon, qui n'avait pas tenu trois heures. Le capitaine Portal, sur les ordres de Montgommery fait balter les murs du château et par une brèche donne l'assaut. Le château est incendié. Les religieux de l'Ardorel (abbaye cistercienne située au sud-est de Castres) qui avaient dû fuir leur monastère dévasté par les protestants, s'étaient réfugiés au château. Ils purent sortir tranquillement pour rejoindre leur domaine rural de La Rode où ils resteront jusqu'à la Révolution.

 

 

ROGER

Jean Roger de Foix, seigneur de Canté, vicomte de Rabat, baron de La Gardiolle, succède en 1622, à son frère Georges, mort au siège de Montauban et il meurt en février 1668, laissant pour successeur le marquis de Foix-Rabat, son fils.

 

C'est en 1748, que Elisabeth de Foix, veuve messire Pierre de Montesquieu lègue ses biens au puissant seigneur François Charles de Rochechouart, maréchal, comte de Saxe. Celui-ci vend la seigneurie de La Gardiolle à messire Jean-Jacques d'Evessens de Saint-Rome, seigneur de Moncalm, Montesquieu et autres places pour la somme de 62.000 livres.

 

BLASON

 

 

 

 

A partir du XVlle siècle, et jusqu'à la Révolution, nous pouvons connaître la vie de la communauté grâce aux archives communales déposées dans notre salle dite "des Archives" et classées selon le cadre de l'instruction de 1857. Ces archives anciennes sont classées par série AA, BB, etc...

 

Série BB - les délibérations des consuls sont des pièces importantes. Grâce aux procès-verbaux de ces assemblées municipales, nous voyons qui sont les consuls, les modalités de leur élection, les limites de leur mandat, leur rôle, leurs responsabilités.

Les consuls, chargés de gérer les biens de la communauté étaient désignés par les habitants et une liste de quatre noms était soumise au seigneur du lieu, le marquis de Foix, et à partir de 1750, à messire d'Avessens de Moncal, "pour faire le choix d'un de chaque rang pour remplir les fonctions de premier et de second consuls du présent lieu... " (AC, BB 3, 1759).

 

Les consuls sont pour l'année 1601, Jean Segonne et Pierre Maurel et pour 1754, Guillaume Maurel et François Fontes. Le curé de la paroisse assistait toujours aux assemblées convoquées à la diligence des consuls.

L'année consulaire commençait le 1 5 août et les consuls avaient des fonctions annuelles. Ils ne pouvaient être réélus que si les comptes avaient été apurés par une commission présidée par le juge ordinaire de la baronnie.

Ces consuls "modernes", habitants de la commune étaient choisis parmi les bourgeois, les marchands, les artisans de tous métiers, mais le consul devait savoir lire et signer.

Ils étaient chargés en outre de maintenir la paix et les causes de conflits ne manquaient pas : les chemins encombrés, les eaux des ruisseaux, dont l'Avaris et le Melzic - la largeur des chemins...

 

Ils devaient aussi se préoccuper de la santé publique et de l'hygiène...

De plus, ils étaient chargés de présenter les maîtres d'oeuvre pour les réparations à effectuer soit aux églises, soit au château.

L'assemblée était "convoquée en la forme ordinaire" au son de la cloche et les affaires de la communauté se traitaient, soit sur la place, devant l'église paroissiale, soit dans l'église, soit pour celle du 17 octobre 1621, "dans la salle haute du château de Monsieur le comté de Rabat, seigneur de La Gardiolle" (AC, BB 1). Pour le XVIIème siècle nous avons des délibérations de 1601 à 1691, avec des lacunes; poui le XVllle siècle, deux registres reliés, 1713-1742 et 1747-1771.

 

 

 VOICI QUELQUES GLANURES DE CES ASSEMBLEES...

 

 

1621 - les consuls demandent "1 quintal de poudre et 1 cartaison de plomb pour faire des balles pour se défendre... "(AC, BB 1).

 

Mai 1622 - "Guillaume Delprat, dit Rodit, charpentier, habitant de Dourgne, accepte de bastir et édifier gueritte sur les murailles de l'enclos du lieu de La Gardiolle : 1, 1 sur le coin de l'aquilon de 20 pans de son carré et de 15 pans de hauteur et 2 guerittes sur les coins d'auta et bize dutit enclos de ladite ville comme la gueritte joignant et tenant le château et couvertes en tuiles canal..." (AC, BB 1).

 

 

CANTÉ près Saverdun

 

En Ariège, le village et l'église de Canté, adossés à un mamelon verdoyant, sont sans doute construits sur les restes d'un castrum romain.

Pierre de Canté et son frère Bernard possèdent Canté au Xlle siècle, et c'est au XIVe siècle que le château de Canté passe à la maison de Foix. A cette époque le comte de Foix, vicomte de Rabat est seigneur de La Gardiolle. Jean Roger, vicomte de Canté, baron de La Gardiolle épouse Thérèse de Bertrand et à sa mort, en 1624, il institue héritier son fils Roger, dit le "marquis de Foix". Il décède, sans enfant, le 27 octobre 1730, après avoir légué la terre de La Gardiolle à sa soeur, Elisabeth de Foix.

L'église de Canté placée sous le patronage de Sainte­Eutrope se dresse sur une étroite bande de terre. Les murs sont très épais. La décoration extérieure, assez sobre, est faite d'un bandeau de briques. Le clocher, également en briques est presque détruit. Dans la crypte voûtée de l'église de Canté se trouve le tombeau des Foix-Rabat.

Canté est le berceau de Jacques Fournier devenu pape sous le nom de Benoît XII, pape en Avignon (1334-1342).

Les archives de la commune de Canté possède une copie de l'ancien cadastre daté de 1656, dans lequel figure "Messire Jean Rougier de Foix, chevallier, viscomte de Rabat, seigneur et baron de La Gardiolle, d'Arfons, d'Aurnh, Saint-Abitte et autres lieux... ".

 

 

 

9 août 1622 -"ll est fait entendre à l'assemblée que plusieurs soldats ont été reçus ceux de la religion prétendue Réformée rebelles à Sa Majesté qui veulent venir audit lieu de La Gardiolle pour les forcer à force de canon ou autrement et les contraindre d'obéir auxdits rebelles, piller les biens, prendre les prisonniers... attendu que le village n'a ny poudre ny plomb..." (AC, BB 1).

 

L'attestation datée du 15 septembre 1623 est établie par les consuls de La Gardiolle devant ceux de Soual et de Dourgne au sujet des gens de la "Religion prétendue Réformée" qui ravagent tout sur leur passage et les habitants se réfugient au fort de La Gardiolle.

 

Pour l'année 1626, nous avons 6 délibérations de ces assemblées,

dont celle de mai "d'avoir permission de nos seigneurs des aides à Montpellier pour pouvoir imposer la somme de 400 l. sur tout le consulat de La Gardiolle... " (AC, BB 1).

 

Août 1631 - "De tout temps a coutume de faire la mutation consulaire le jour de Notre-Dame d'Asgoust... et pour aller porter lexlixsion consulaire à Monseigneur le vicomte de Rabat a Canté et a cette fin ont député Joseph Calmet pour y faire ainsi toute conclure et accepter..." (AC, BB 1).

10 juin 1714 - "Daillieurs comme au présent lieu il n'a pas de boucherie les habitans en cas de maladie ou autrement sont obligés de prendre de la viande aux boucheries de Puilaurens, Revel, Dourgne et autres des environs, viande qui a payé Idit droit de pred..." (AC, BB 2).

 

9 août 1 716 - "Pendant quelques années la communauté aurait soufert à cause que ledit sieur Malafossé navoir point de maison prebiteralle... et a present M. Boutes curé a qui on a acheté pour maison presbiteralle la maison du sieur Souloumiac..." (AC, BB 2).

 

23 septembre 1753 - "Sur quoi il a été unanimement délibéré de presenter à Monseigneur l'intendant que les habitants des villages de Saint Chamaux et Cahuzac qui ont des rives contigues qui passe auxdits endroits passe aussi au lieu de La Gardiolle et l'employent au préjudice de la présente communauté à arroser leurs prés..." (AC, BB 3).

 

En 1684, l'assemblée est convoquée par Barthélémy Escande, docteur et advocat au Parlement de Toulouse, juge ordinaire de la baronnie de La Gardiolle, Dourgne et Arfons, Me Jean Gabriel Gleizes, est subsistut, et le greffier le sieur Jean Fortanie.

 

Nous avons dans nos archives quelques pièces de correspondance

soit de Monsieur le Marquis de Foix et ou Madame la Marquise, aux consuls, par exemple, la lettre du 17 septembre 1638, écrite du château de Saverdun "Lettre de Monsieur le Vicomte de Rabat, seigneur de La Gardiolle aux consuls de ma terre de La Gardlolle" (AC, BB 5-1).

 

 

ETAT DE LA POPULATION DE LA GARDIOLLE EN JANVIER 1835
POPULATION

 

 

 

 

Série CC - Les finances, les revenus et les dépenses de la communauté. Le premier document est le compoix de 1590.

 

C'est un registre de comptabilité fiscale. Dans la province du Languedoc où les impôts étaient assis sur les biens réels, le compoix terrier, dressé par ordre alphabétique de tous les contribuables mentionne le lieu-dit ou le quartier de l'emplacement des maisons, la contenance des terres.

 

D'après le compoix, on distingue la ville sur son piton, et, les masatges et métairies disséminés dans la plaine et l'on peut constater que les noms ont été conservés jusqu'à nos jours. C'est ainsi que le masatge de la Gascarié, avec ses 12 maisons, était habité par les Maurel; le masatge de la Fleuraussié, avec 15 maisons "en solier et en pisé", où résidaient les Floreussia; les masatges d'En Segonne et d'En Benne; les métairies d'En Bouchi, de Teyssières, de la Salle, la Baquette, la Rollandié, la Calm, d'En Calas, les Rivals, La Rochelle... Les maisons et les pièces de terre, de vigne, de prés, de bois, de taillis, de patis, d"'orts", sont autant d'articles recensés et à chaque article correspondait une redevance à payer en livre, sol ou denier. Les terres étaient classées en trois catégories : forte, moyenne et faible portée. Les répartiteurs évaluaient les impôts dus par la communauté. La Cour des Aides de Montpellier était saisie des réclamations et le compoix ne pouvait être refait qu'avec son autorisation.

 

Le compoix de 1601, mis à jour en 1651, 1691 et 1713 est plus complet.

Noble Georges de Foix n'habite pas La Gardiolle, mais réside soit à Canté, soit à Saverdun.

 Noble Martin de Lendresse, au masatge de la Fleuraussié a une maison en solier qui confronte les Avaris; Jeanne Rivals, aux Rivals, une maison de 18 cannes carrées; à la Gascarié, la maison d'Anthoine Maurel confronte d'auta Jean et Gabriel Maurel midy Jehan Maurel, bize Jacques Maurel, aquilon "la carriero de la gleisa". A la Salle, Maître Jean-Jacques Galaup, bachelier en droits, notaire royal de Dourgne possède une maison en solier; Monsieur l'aumônier de Soréze, une terre; le seigneur de Montmoure, une maison à la Rollandié, la métairie de Couffinal et une "quantitat de terra".

Les sommes dues par chaque famille dont les noms figurent sur le compoix sont relevées sur les brevettes. Les archives possèdent trois brevettes : 1620-1644 (à la fin une table, établie en 1644 "liste des comprins nommés au présent brevet"); 1750-1787 et 1787-1791.

 

Ces documents nous renseignent non seulement sur les impositions dues sur leurs biens, mais sur les professions et fonctions exercées par les contribuables. Jeammes Segonne est voiturier, Guillaume et Louis Maurel, menuisiers, Gérald Maurel, forgeron; Pierre-Germain Pebernard est juge de la baronnie et réside au masatge des Rivals au XVllle siècle; Bernard et Catherine Segonne ont une "lougade d'ostal" dans le lieu de La Gardiolle; Pierre-Germain Fortanié est greffier de la communauté au XVlle siècle et Pierre Segonne au début du XVllle siècle; le sieur Jean-Baptiste Abrial, notaire de Dourgne, possède une terre de 30 coupades à la plaine de la Calm, le reçu est rédigé par Maître Clos, notaire à Soréze. Dans la brevette de 1620 figure M. frère Jean Barthe, prieur de l'Abbaye Notre-Dame d'Ardorel, ordre de Cisteaux qui possède une vigne.

Les pièces comptables de la communauté au XVlle siècle et au XVllle siècle sont relatives aux impôts : censive seigneuriale, mande, taille, capitation, deniers royaux. Les impôts étaient lourds et la communauté avait des dettes.

Depuis 1317, Lavaur est un diocèse. La Gardiolle dépend du diocèse de Lavaur et c'est donc à Lavaur qui se réunit l'Assiette, c'est-à-dire l'assemblée des délégués dès communautés du diocèse chargés de répartir les impôts ordinaires et extraordinaires votés par les Etats provinciaux. Les délégués diocésains. sont appelés "commissaires". Les travaux de l'Assiette étaient présidés par un personnage officiel, mais celui qui avait une responsabilité plus étendue et qui réglait les affaires du diocèse était le Syndic du diocèse de Lavaur.

 

Les 32 cahiers de recettes et dépenses de la communauté, pour le XVlle siècle - 1608-1689 - sont accompagnés de pièces comptables, quittances, reçus, fournitures. En 1628, les comptes sont présentés par Jean Desplats et Ramond Soloumiac, consuls; le montant des recettes s'élève à 1.306 livres 16 deniers et le montant des dépenses à 1.167 livres 14 sols 1 1 deniers...

 

L'année 1668 est une année de dettes "à cause des désordres des guerres civiles qui ont été dans le Royaume et des fréquents logements des gens de guerre, la communauté a été nécessité de supporter de grandes dépenses, il est dû à Guillaume Escande, sieur del Bosquet... plus aux héritiers de Jean Mijoulle et de Pierre Segonne... et encore à Monsieur le Vicomte de Rabat..." (AC, CC 4).

 

Lors de la clôture des comptes, présentés le 20 septembre 1688 par Barthélémy Escande, docteur et avocat, juge ordinaire de la baronnie, "la recette en un seul article... et la despance escripte en trente un articles... les apostilles par nous couchés aux marges des articles se montent à la somme de 2.519 livres 17 sols 9 deniers ainsi avons déclaré la communauté débitrice pour avoir plus fourny que receu en la somme de 11 livres 18 sols 3 deniers, sauf erreur de calcul..." (AC, CC 46).

 

Le 22 août 1622, le contrat d'obligation d'une somme emp!oyée au paiement du logement de la garnison, 53 livres, est signé par maître Jean-Jacques Galaup, notaire, tabellion royal, et celui du 3 avril 1623 est d'une somme consentie par Louis Maurel, consul, en faveur du sieur Dominique de Saint-Pierre, somme employée à la faction du pont-levis et murailles de La Gardiolle.

 

Série DD - Les réparations, l'entretien des édifices publics, l'entretien des routes, des cours d'eau.

  

Une pièce de 1639 concerne la réparation des courtines de l'enclos, le rapport est établi par Antoine Longues, juge ordinaire de la baronnie. Le mémoire de 1641 fait mention des fossés de la ville et surtout des

deux églises : "Les habitants ne doivent faire de suite des reparations a ladite maison presbiterale... lis ne peuvent demander lung et lautre contre le recteur et autres frais et dautant quel a esté verifie quy a nos deux églises lune plus éloignée et lautre joingnant les fosses du lieu de lagardiolle estant vraisemblable que lesdits habitants pour leur comodite on fait bastir celle quy est plus proche lesdits frais pouvant ne faire tenir de rebastir ou reparer lune et lautre si bien que pour le presen ce contentent de la reparer de celle quy est sur pied... attendu que c'est pour la plus grande comodite que non pas de redifier lautre qui est entierement demolie..." (AC, DD 1).

 

Le document de 1652 concerne le fort de La Gardiolle. il faut recouvrir les courtines, les resouder... il leur faut remettre le pont levis de ladite ville fort et en bon état et qui se puisse hausser lever et abaisser à plaisir et aisance... Monter les pilotines de briques et de pierres... Et encore seront tenus de faire le corps de garde qui est audevan le pont dudit chasteau fort dudit lieu... Remettre les murailles... Finalement seront tenus lesdits murs faire toucher lesdites murailles... Les consuls seront tenus de leur faire apporter tous les matériaux apied d'ceuvre... Lesquels pactes et conditions ont esté arresté en présence du sieur Jean de Portal, suivant l'ordre de Monseigneur le Vicomte de Rabat, baron dudict lieu et a promis de fournir tous les matériaux de bois tuilles planes et canal..." (AC, DD 1).

L'église Saint-Martin, la maison presbytérale sont réparées (1684) et les consuls n'étaient pas toujours en accord avec leur curé, Monqieur Malafosse : le devis (1728) des réparations à faire à l'église et à son vestibule est signé par Monsieur Boutes, curé et Calmet, consul et greffier.

 

17 pièces sont relatives à"l'estat des Canais, Rivières et Ruisseaux qui se trouveront à passer à leur Consulat", aux visites des ruisseaux;

l'ordonnance de 1662 du grand Maistre des Eaux et Forests au ressort de la Cour de Parlement de Tolose, stipule "de pourvoir aux réparations

des mauvais chemins royaux et publiques de leur Consulat dans une quinzaine ".

 

Série EE - Les affaires militaires.

Le château devait être gardé pour être défendu en cas de nécessité et en 1622 "Jean Migiolle confesse avoir reçu 43 livres 13 sols pour avoir acheté de la poudre, de l'huile pour la garde dudit lieu" (AC, EE 1).

 

Le document le plus important date de 1654. C'est un cahier qui relate les dépenses faites pour le logement de trois régiments d'infanterie, soit 72 compagnies, -il a été procédé à la despance la plus exacte quy a esté possible sur le pied de dix soulz par soldat et autant pour la despance de chasque cheval... ".

La dépense totale s'élève à 1.016 livres 10 sols, pour les 71 familles qui ont logé des troupes. "Jean Segonne dudit masage a dit avoir logé et noury dix soldatz monte la despance cinq livres... Monsieur Portai a dit la main levée adieu suivant la forme de sa religion pretendue reformée avoir logé et noury a la lotge un capitaine un lieutenant deux sergents et vingt deux soldatz monte la despance dix huit livres... Jean Bordiol métayer a Teyssieres... a dict avoir logé et noury deux capitaines deux lieutenants huit chevaux et quinze soldats ou valets monte la despance vingt cin livres dix sols... " (AC, EE 2).

 

Série FF - Les documents de justice, de police et de procédure. Pour le XVlle siècle nous trouvons les griefs que Messieurs les bailleurs expriment à la clôture des comptes qui sont présentés à la Cour des Aides à Montpellier; les 14 suppliques des consuls au sujet des impositions; les requêtes présentées par les consuls aux députés de l'Assiette à Lavaur "depuis le commencement des pénibles troubles, ceux de la Religion prétendue réformée, rebelles à Sa Majesté"; diverses copies d'instructions, d'actes de réquisition et de protestation. Antoine Longuet, puis Guillaume Escande, sieur del Bosquet, sont juges tour à tour de la baronnie de La Gardiolle, Saint-Avit et autres dépendances pour le seigneur, baron dudit lieu...

 

Série GG - Les registres paroissiaux, correspondent pour les XVlle et XVllle siècles, à nos registres d'état civil.

 

Le premier, 1623-1690, avec des lacunes comporte trois livres distincts pour les BMS.

Le second registre, 1692-1695 et 1715-1774; le troisième, 1775-1792.

Le baptême de la cloche de l'église a lieu le 1er septembre 1623 et Antoine Longuet en est le parrain. La cloche sera refondue en 1769. De 1631 à 1673, nous relevons 562 baptêmes; de 1631 à 1662 (avec des lacunes), 42 mariages et pour la même période, 250 sépultures. Bernard Segonne, prêtre, vicaire, puis curé, signe les actes depuis 1631; il meurt en 1720, et sera enseveli dans le choeur de l'église Saint-Martin de La Gardiolle.

D'autres sont ensevelis dans l'église Saint-Martin de La Gardiolle, Jean Floroussia en 1648, le sieur Pierre-Germain Pebernard en 1744; messire Jean-Jacques d'Avessens, seigneur de Moncal et de La Gardiolle, le 20-09-1763, à 80 ans. Frère Pierre Segonne, religieux de la Rode est enseveli dans l'église de La Rode en 1648. Le fils de Jean Moulet, de la Gascarié, est baptisé dans l'église Saint-Sernin de la Gascarié le 16 juillet 1673.

Les habitants des métairies de Lempaut ne pouvant se rendre dans leur paroisse, en raison des inondations du Sor, en 1734-1735, en 1757 et 1760, certaines sépultures se font à La Gardiolle.

 

 

 

Monseigneur l'Evêque de Lavaur donne le sacrement de Confirmation en 1754; 1768; le 2 octobre 1774(11 garçons et 10 filles, dont messire François de Faure de Saint-Maurice de Saint-Amancet), et en 1782 (25 garçons et 21 filles).

 

En 1790, il y a seulement 4 feuillets pour les BMS : 5 naissances, 1 mariage et 15 décès.

 

Dans cette même série prennent place les marguilliers qui rendent compte de la recette et des dépenses "de l'église parochaille Monsieur Saint-Martin de La Gardiolle comansant au jour et feste de la pantecouste mil six cent dix sept... "; les élections des marguilliers.

 

Pour terminer avec les archives anciennes, la série HH concerne ce qui a trait à l'agriculture, à l'industrie. Les pièces sont peu nombreuses, mais nous font savoir qu'il n'y a pas de boucherie à La Gardiolle et qu'il faut aller à Dourgne ou ailleurs; qu'une gratification de 5 sols est donnée par pied de mûrier; que le marquage des moutons est obligatoire d'après l'ordonnance de 1779; que des déclarations sont à fournir sur le nombre de feux de la communauté, le nombre d'arpens labourables selon les cultures, et la série Il concerne des achats de terre et des dispenses de bans de mariage.

 

Les derniers documents des archives anciennes sont quelques pièces de correspondance, par exemple la lettre du Syndic de Lavaur, du 3 mai 1779 aux consuls de La Gardiolle, stipulant que "les pièces justificatives des comptes soient gardées dans les archives..." et la brevette de 1787-1791, où figurent Monsieur Boutes, curé, Monsieur Pebernard et Monsieur de Moncal.

On appelle Archives Modernes les documents conservés à partir de la Révolution et le classement établi par la loi du 16-06-1842, modifiée par l'instruction du 20 novembre 1879 se fait à l'aide d'une lettre simple de l'alphabet. Le fonds de ces Archives modernes est important : les registres des délibérations du CONSEIL_MUNICIPAL, l'état civil et le dénombrement de la population, le cadastre, les finances, les affaires militaires, les dossiers des édifices et des biens communaux, de la voirie et des travaux publics, etc...

 

Les recueils des lois et décrets, le Bulletin Officiel, les bulletins de l'Instruction primaire, les actes de l'administration départementale, le moniteur des communes, les annuaires du Tarn forment la blibiothèque administrative.

 

Jusqu'en 1789, la communauté de La Gardiolle, au diocèse de Lavaur, dépend de la sénéchaussée de Toulouse.

 

 Avec la Révolution, dès 1790, La Gardiolle, dans le département du Tarn, est rattachée au canton de Soréze, district de Castres, et quand le canton de Soréze sera supprimé en l'an X, La Gardiolle dépendra du canton de Dourgne. Le premier maire, Pierre-Germain Pebernard, est élu le 11 janvier 1790 (il le sera jusqu'en 1813) lors de la réunion du Conseil municipal, dans l'église paroissiale (le conseil remplaçant les assemblées politiques convoquées par les consuls).

 

Nous avons les registres des délibérations du CONSEIL_MUNICIPAL depuis 1790 jusqu'à ce jour, mais des lacunes de 1793 à 1801 ne permettent pas de suivre la vie à La Gardiolle pendant le temps de la Révolution.

 Sur l'état de section de 1791, M. d'Avessens de Moncal déclare posséder le château (section B, n° 157).

 

Cependant, les Archives départementales du Tarn possèdent des documents, que nous avons ici, en photocopies. Le 28 février 1792, la maison du curé Molinier et le château sont pillés par "une troupe d'une centaine d'individus venus des communes voisines, arrivant de Saint­ Avit..A se transporta dans la maison du sieur Moncal, ci-devant seigneur où ils entrèrent par les fenêtres de la cave qu'ils enfoncèrent... " (ADT, L 286).

 

Le citoyen Moncal de La Gardiolle est déclaré suspect et détenu.

 

Le 30 messidor An Il (18 juillet 1793) a lieu la levée des scellés pour l'inventaire des meubles et effets de la maison "cy devant château" du citoyen Moncal. Les métairies (de la Gascarié, de la Prade, de la Rollandié, la métairie de Madame, d'En Segonne, de la Loge, des vignes, un moulin, un pré) sont l'objet de baux de ferme souscrits aux enchères publiques. Toutes les terres du citoyen Moncal, reclus, seront affermées (ADT, L. 319, 56-66), et lui seront probablement restituées en 1800.

 

Quelques dates importantes pour l'histoire de notre village pendant et après la Révolution. Le décret voté par l'Assemblée nationale les 20-22 et 23 novembre 1790, et approuvé par le Roi le 1 ef décembre suivant, enjoint la municipalité de fournir un état des différentes divisions du territoire de la commune. Ces divisions s'appellent "sections" : A (La Gardiolle; B (le cahier manque); C (d'En Benne); D (des Rivals); E (de la Gascarié; F (de la Rolandié).

 

Les registres paroissiaux sont tenus jusqu'en 1792 par le prêtre. Le décret des 20-25 septembre 1792 crée l'Etat Civil et les municipalités doivent procéder à la nomination d'un officier d'Etat Civil pour tenir les registres. Jean Milhes est nommé pour cette fonction par le maire Pebernard. Les archives de la mairie ont tous les registres jusqu'à ce jour. Les registres paroissiaux sont repris en 1805 (il y a lacune de 1792 à 1805) et sont au presbytère de Dourgne.

 

Le conseil d'arrondissement de Castres demande le 30 juillet 1835 la réunion des communes de Montmoure (rattachée à Saint-Amancet depuis 1828) et Belleserre à La Gardiolle (ADT, IX M 1 3), ce projet n'a pas eu de suite.

 

Au XIXe siècle, le registre des listes nominatives de la population (liste établie tous les cinq ans), les états de dénombrement et quelques pièces de correspondance vont nous faire connaître l'évolution de notre village. En 1789, on comptait 453 habitants et en 1833, 551. Le premier document de recensement date de 1812 (Napoléon avait demandé en 1801 le recensement dans les 98 départements de l'époque), et nous avons les états jusqu'à 1946.

La liste de 1851 est celle qui a été retenue, 525 habitants. Au chef­lieu (donc au village), 94 habitants et dans les métairies 431, soit à En Segonne, 53; à En Teyssières, 60; à la Gascarié, 30.

 

Tous sont catholiques; 17 sont infirmes ou indigents; 1 seul étranger, c'est un Espagnol. 3 propriétaires vivent de leur revenu et 57 sont propriétaires ­cultivateurs; 8 fermiers; 4 fermiers-propriétaires; 51 métayers; 225 journaliers et 23 domestiques attachés à une exploitation. Les chenevières fournissent le chanvre et l'on compte 4 fabriques de tissus et des tailleurs d'habits; charpentier, menuisier, forgeron et 6 maçons travaillent au village; 4 voituriers assurent les transports, etc... Le prêtre desservant est Louis-Emmanuel Fabre et l'instituteur, Joseph-Vincent Salvayre.

La population est de 374 âmes en 1891 (soit 60 au chef-lieu et 314 dans les hameaux); au dernier dénombrement, en 1946, on compte 250 habitants, soit 37 au village dans les 15 maisons occupées et 213 dans les hameaux (La Gascarié, 2 maisons, n'a plus que 10 habitants). Les feuilles de ménage ne manquent pas d'intérêt, celles de 1872 recensent même les animaux domestiques.

Si avant la Révolution, les impôts directs ou indirects étaient une charge écrasante, ils paraîtront aussi lourds après 1789.

 

 La série G - est un instrument de recherche pour connaître l'établissement des rôles, les mutations, les réclamations, les dégrèvements, la patente (Monsieur Magaste paie une patente en 1856), la liste des 30 plus imposés de la commune, les contributions à régler sur les chevaux, les mulets, les vélocipèdes, le montant de la contribution foncière, personnelle mobilière des portes et fenêtres (documents de l'An XII à 1919), et il arrivait que l'on fasse boucher certaines fenêtres pour avoir moins d'impôts à payer, la répartition entre l'Etat, le département et la commune du montant des rôles des 4 contributions directes, les matrices cadastrales des propriétés bâties ou non bâties, etc... Les commissaires fixent les revenus des différentes propriétés dès 1791, ainsi que leur classification. La contenance de la commune de La Gardiolle suivant les états de section est de 827 seterées 12 coupades (960 ha 24 a) en 1811.

L'état de matrice de 1836 nous fait savoir que les habitants de la commune sont appelés à concourir par voie de prestation en nature à la réparation et à l'entretien des chemins vicinaux.

 

Dans cette même série sont mentionnés les repères géodésiques installés par l'Institut national de Géographie, un scellé sur le château d'eau et l'autre sur le calvaire.

La Gardiolle était appelé à fournir des hommes et les tableaux de recensement sont tous là, de 1815 à 1985, ainsi que les listes de tirage au sort, les instructions pour les fournitures aux services des troupes, les avis concernant les chevaux, les voitures attelées, le dossier de la Garde nationale. Toutes ces pièces montrent que le service militaire continuait sous une autre forme.

 

Le château n'est pas le seul édifice de La Gardiolle. La maison commune (ou mairie) n'a pas livré ses secrets; où sont le lavoir et l'abreuvoir dont les documents font mention en 1871 ? et la forge banale ? et le four banal ?

Plan de naissance du chemin rural dit de Feynerols
PLANV

 

 

 

Combien y avait-il d'Eglises A La Gardiolle ?

 

Le pan de mur qui se dresse au fond du cimetière est sans doute ce qui reste de l'église abandonnée en 1641, lorsque les habitants choisissent de réparer l'église la plus proche de leurs habitations.

 

 

L'église Saint-Sernin de la Gascarié ?

 

Son existence est attestée par 2 baptêmes en 1673 et l'inhumation dans l'église, en 1642 de Marguerite Maurel; son nom figure sur le compoix du XVlle siècle et sur l'état de section de 1791 "confronte le chemin de l'église Saint-Sernin".

 

Où est l'église du Fabon ?

 

 Un valet des religieux de La Rode y est enseveli en 1661.

L'église actuelle, dédiée à Saint-Martin, dont il a déjà été question en 1623 à propos du baptême de la cloche. Les réparations ont été nombreuses (la toiture en 1828); son agrandissement par l'achat d'une grange; la reconstruction du clocher (1847-1851); les travaux à la voûte, confiés à Louis Maury, de Puylaurens; la construction du porche-tribune, projet d'Hipolyte Meynadier, architecte, est réalisé par le sieur Sablayrolles, maître-maçon de Saint-Avit; le presbytère, dont le devis est établi par Eugène Colombié, maître-maçon de Verdalle vers 1821; le mur dû cimetière, construit en 1852 par Victor Oulmede, maître­maçon de La Gardiolle; le monument aux morts, de 1922, se tient à l'abri de l'église.

 

   
ANCIENNE EGLISEV P DE TRIGONV

 

 

 

L'école ! c'est un gros dossier de 1835 à 1970. L'école publique élémentaire est obligatoire depuis la loi du 28 juin 1833 et l'école de La Gardiolle est construite et reconstruite. Monsieur Valette, architecte de la Banque de France, est le directeur des travaux de la construction de la maison d'école en 1876. L'école de filles (rendue obligatoire en 1867) est ouverte cette même année et les cours d'adultes ont été organisés à partir de 1866. Beaucoup d'enfants étaient admis gratuitement à l'école (la gratuité de l'école a été obligatoire à partir de 1883, en application du décret de Jules Ferry qui rend "l'instruction primaire gratuite, obligatoire et laïque"). Les Archives conservent le registre matricule des élèves admis à l'école de 1884 à 1960, avec la liste du personnel et les annotations sur les élèves. L'école avait deux calsses et l'autorisation de gémination dans l'école date de 1964. En 1989, il y a toujours une école et une cantine pour les enfants de La Gardiolle.

Après de grands travaux en 1937 à l'école communale, cour, préau, sont construits en 1960. L'adjudication a eu lieu le 21 mars et l'architecte est Monsieur Rouzaud.

 

Le terrain de sports scolaires est aménagé entre 1941 et 1948 et la salle des fêtes est réalisée en 1966 par les établissement Barbot, de Colomiers.

 

L'agence postale est tenue en 1924 par Monsieur Auguste Blattes, mais dès 1842, La Gardiolle a obtenu de l'administration des Postes, un service journalier.

 C'est également en 1924 que Madame Marie Besombes assure la "distribution des télégrammes pour la somme de 1 F", et Mademoiselle Elise Soulié est gérante de la cabine téléphonique en 1945. 1990 ! La Gardiolle dépend du bureau de poste de Dourgne et tout le monde a le téléphone...

 

 

La Gardiolle, sur son tertre, avec la plaine tout autour d'elle, a vue sur la Montagne Noire, mais elle ne possède ni bois, ni communaux. Le service vicinal est depuis toujours un dossier important, pour la communauté ou pour la commune. Les travaux de réparations et d'entretien des chemins, le curage et l'entretien des fossés, des "ponceaux" ou aqueducs construits par les propriétaires pour recevoir les eaux fluviales ou naturelles font l'objet d'arrêtés préfectoraux et l'agent-voyer se montre vigilant.

 

Dans les archives, il y a un plan routier de la commune de 1829; le tableau général des chemins vicinaux classés d'intérêt commun de 1855 et un dossier concerne chaque chemin. La taxe de voirie a été supprimée par délibération du Conseil municipal le 16-12-1960.

 

C'est de 1928 que date le projet d'électrification de La Gardiolle, projet réalisé en 1929. La création du Syndicat intercommunal pour l'électrification rurale est de 1928. La police d'assurance d'éclairage dans les rues du villages et au hameau d'En Benne est de 1935.

 

Mais les Avaris, le Melzic, le Lizoule, le Rieu-Tort sont l'objet de correspondance et d'arrêtés "pour que les ruisseaux qui traversent la commune ne soient point taris en période de grande sécheresse" (1859) et 28 pièces ont trait au problème de l'irrigation.

 

La distribution de l'eau potable se fait à La Gardiolle à partir de 1933 et le registre des concessions d'eau est ouvert en 1938. La commune adhère au Syndicat intercommunal d'adduction d'eau de la Montagne Noire en 1949 et au Syndicat intercommunal du Sant en 1954.

 Les dossiers d'assainissement du village et du hameau d'En Benne datent de 1974-1975.

 

L'inventaire de l'ensemble des archives a été mis sur ordinateur. Le classeur "Archives" que chacun peut consulter permet d'approcher ces choses mystérieuses et pour lesquelles on croit perdre son temps... les vieux papiers !

 

Nous voici au terme de notre excursion dans le temps; le château a terminé sa fonction de poste de garde, LES_MOULINS ont disparu; les bœufs sont supplantés par des machines sophistiquées; le confort s'est installé dans les habitations; le téléphone nous relie les uns aux autres; les médias nous mettent en relation avec le monde entier et même le cosmos. Mais depuis toujours nos ruisseaux continuent de couler paisiblement dans le chemin ancestral qui les conduit à la mer immense. Comme eux, fidèles à nos sources, marchons vers l'avenir, en restant invinciblement attachés à "notre" terre de La Gardiolle.

 

Marie-Odile MUNIER.

 

 

SOURCES

 

Archives communales : AC

Archives départementales du Tarn : ADT

Archives particulières : Monsieur de Franclieu, à Canté (Ariège) Maître Abrial, notaire à Dourgne

Th. AZEMAR, Dourgne et ses Consuls, Albi, 1910

P. CAYLA, Dictionnaire des Institutions, des coutumes et de la langue en usage dans

quelques pays de Languedoc de 1535 à 1648, Montpellier, 1964

CI. DEVIC et J. VAISSETE, Histoire générale du Languedoc, t. XI, Toulouse, 1879

L, de LACGER, Etats administratifs des anciens diocèses d'Albi, de Castres et de Lavaur,

Paris, 1921

E. NEGRE, Les noms de lieux du Tarn, Paris, 1972

J. RAMIERE DE FORTANIER, Les droits seigneuriaux dans la sénéchaussée et le comté du Lauragais, Toulouse, 1932

P. RASCOL, Les paysans de l'albigeois à la fin de l'Ancien régime, Aurillac, 1961

A. TRANIER, Dictionnaire historique et géographique du département du Tarn, Albi, 1862

 

photo1

Prêtres, Curés, Vicaires
pretres

 

 

LISTE DES MAIRES DE LA GARDIOLLE

 

   

PEBERNARD Pierre-Germain  

MONCAL Jean-Joseph   

PEBERNARD Pierre-Germain, aîné    

Maire provisoire en remplacement du Sieur DAVESSENS MONCAL, suspendu de ses fonctions

PEBERNARD Pierre-Isidore     

GOUZY Jean, adjoint au décès deM. PEBERNARD Pierre-Isidore 

GOUZY Jean          

LAYRAC Benoît    

de MONCAL Eugène       

GOUZY Jean-Baptiste     

LA YRAC Benoît   

GOUZY Jean-Baptiste     

MARIES Paul         

GUIRAUD Auguste          

MARIES Paul         

GOUZY Casimir     

de MAULÉON de BRUYÈRES Oger    

PALAZI Albert      

AUGÉ François     

AUGÉ Julien          

 

 

10 janvier 1790-1813

3 février 1813-1830

1 1 août 1830 + 5 mars 1831

 

 

19 janvier 1832-1843 + 7 juin 1843

1843

1843-1848

1848-1852

1852-janvier 1881

janvier 1881-17 avril

23 juin 1881-1884

1884-1888

1888-1892

1892-1908

1908-1912

1912-1919

1919-1931

1931-1945

1945-1965

1965-

 

 

 

 

INSTITUTEURS DE LA GARDIOLLE
Augustin BARTHES 1835-1841
André MELLET 1841-1851
Joseph-Vincent SALVAYRE 1851-1886
Félix Marius CAMBOS 1886-1915
Jeanne GOURDOU 1915-1919
Gabriel VALETTE 1919-1921
 Blanche Elise GALINIER, stagiaire  1921­
Blanche COUBES  1930-1937
Jeanne CASTAGNE, stagiaire  1936­
Valérie VIEU        1937 janvier 1938
Georgette MOULIS, intérimaire janvier 1938­
Cécile BUTTON, née Teisseyre 1938-1939
Marie-Louise FABRY, intérimaire janvier 1939­
Jérôme FONTA  1939-novembre 1941
Henri BAUD/ERE   nov. 1941-mars 1942
Alice SENDRAL, suppléante     1941-1942
Mme CROS 1951-1955
Yolande GUIRAUD  1955-1957
Mme Nicole DURAND, suppléante     1957­
Gisèle NINON     1957-1960
Mme Simone BLAZY M. Pierre BLAZY 1960-1966
Mme HAWARD     1970-1971
Mlle CATHALA      1971-1975
 M. SEVERAC
Mme AUGE
2ème classe ouverte à Pâques 1962
Nelly GAYRAUD, remplaçante   avril 1962­
Mme Jacqueline GOMEZ 1962-1963
Pierre BLAZY  1963-1964

 

Pour plus d'information sur le village rendez-vous sur le site de La Gardiolle

"www.lagardiolle81.net "

 

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