Société d’ Histoire de Revel Saint-Ferréol                                        LES CAHIERS DE L’ HISTOIRE

 

Emmanuel-Augustin-Dieudonné-Joseph

comte de Las Cases

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La vie de Barthélemy Félix François Joseph de Las Cases. Premier évêque du diocèse de Constantine et Hippone (Algèrie)

La descendance d’Auguste de Las Cases(1815 -1854) Neveu de l’auteur du « Mémorial de Sainte-Hélène » et frère de Monseigneur Félix de Las Cases

Cécile Guérau d’Arellano (1888-1976) - Une artiste peintre du Lauragais, oubliée !

Les enigmes de l'Histoire - Pourquoi Emmanuel de Las Cases a-t-il suivi le char de Napoléon à Saint-Hélène ?

Généalogie de la famille de Las Cases - voir Cahier de l'Histoire N°20

Hommages Tarnais au Comte de Las cases - voir Cahier de l'Histoire N°21

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Emmanuel-Augustin-Dieudonné-Joseph, comte de Las Cases (né le 21 juin 1766 près de Revel dans le Tarn, décédé le 15 mai 1842 à Passy sur Seine) était un historien français.

Biographie
 Il est né au château de Las Cases près de Revel (Haute Garonne)  dans le Languedoc.
Il a été éduqué à l'école militaire de Vendôme, puis à celle de  Paris.
Il entre dans la marine et prend part à plusieurs combats dans les années 1781 - 1782.
La Révolution française de 1789 cause son émigration, et il passe plusieurs années en Allemagne et en Angleterre, participant au désastre de l’expédition de Quiberon (1795).
 Il est l'un des rares survivants et retourne à Londres, où il vit dans la pauvreté.
Il retourne en France pendant le Consulat avec d'autres royalistes qui rallient Napoléon 1er, et qui feront plus tard allégeance à l'Empereur.

 

Comte de Las Cazes : Un Revelois à Sainte-Hélène
récit par Paul Redon
Société d'Histoire de Revel - Saint Ferréol

 

Statue d'Emmanuel
 comte de Las Cases à Lavaur

 

 

 

 

 

 

Ainsi en 1810, il reçoit le titre de chambellan et de comte d’Empire (il était auparavant marquis par hérédité).
 Après l'abdication de l'empereur (11 avril 1814), il se retire en Angleterre, mais retourne servir Napoléon durant les Cent-jours.
Après la bataille de Waterloo, resté fidèle à Napoléon Bonaparte vaincu, il l'accompagna des côtes de Vendée jusqu'à l'île de Sainte Hélène et partagea son exil.
La reddition de l'Empereur ouvre pour Las Cases la partie la plus notable de sa carrière. Il suit avec quelques autres privilégiés l'empereur à Rochefort; et c'est Las Cases qui le premier et assez fortement incita l'empereur à se rendre à la nation britannique. Las Cases fit le premier une proposition au Capitaine Maitland du Bellérophon et reçut une réponse positive.
Las Cases accompagne Napoléon à Sainte Hélène et joue de façon informelle mais très assidument un rôle de secrétaire particulier, prenant différentes notes de leurs conversations, qu'il va remettre ensuite en ordre dans son
Mémorial de Sainte Hélène. Il est devenu célèbre par cet ouvrage, écrit au Château de Sohan, consacré à l'Empereur dont il fut le seul confident durant l'exil.
Ce Mémorial (document de plus 2000 pages) reste le vecteur de la légende de Napoléon Bonaparte, et le témoignage le plus complet et abouti sur la fin et la déchéance de l'Empereur.
« Le Mémorial présente le meilleur recueil, non seulement des pensées réelles de
Napoléon Bonaparte, mais encore des opinions qu'il voulait faire passer pour telles », a dit Walter Scott.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Portrait de Napoléon (à gauche) et quatre personnes de son entourage (de gauche à droite : Bertrand – Gourgaud – Las Cases – Montholon).

Série de caricatures réalisées par Denzil Ibbetson à bord du Northumberland entre le 7 et le 16 octobre 1815.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LASCASESETFILS

 

 

Informations relevées de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel_de_Las_Cases »

 

" Le Mémorial doit être lu avec grande attention, car le compilateur n'a pas eu scrupule à y insérer ses propres pensées et à adapter celles de Napoléon. Dans certains cas, on y trouve des faits non avérés et des documents entièrement fabriqués."
La source [??] d'informations est beaucoup moins pertinente et véridique que celle du Baron
Gourgaud dans son Journal. Détesté par Montholon et par Gourgaud, Las Cases semble avoir eu plusieurs fois le désir de quitter l'île dès lors qu'il pensa avoir réuni assez de matériel littéraire pour écrire son livre. Ainsi, il a violé délibérément les règlements britanniques de façon à être expulsé par le gouverneur Hudson Lowe (novembre 1816). Il a été envoyé d'abord au cap de Bonne-Espérance et de là en Europe.
Son entrée en France n'a pas été au début autorisée par le gouvernement de
Louis XVIII. Il a résidé à Bruxelles ; mais, il obtient la permission de venir à Paris après la mort de Napoléon, où il prend sa résidence et édite le Mémorial. Il en gagne bientôt une énorme richesse et meurt en 1842 à Passy.
Emmanuel de Las Cases est l'auteur d'un monumental atlas historique en grand in-folio (55 x 34 cm), publié a plusieurs reprises entre 1804 et 1845 environ (Lalanne, Renier et al., Biographie portative universelle, Paris, Garnier, 1861).
Une statue lui a été érigée à Lavaur, à côté de l'église.
Bibliographie
Mémoires de F A. D., comte de Las Cases (
Bruxelles, 1818)
Mémorial de Sainte Hélène (5 volumes, Londres et Paris,
1823; souvent republié et traduit)
Suite au mémorial de Sainte Hélène, ou observations critiques, etc. (2 volumes, Paris,
1824), anonyme, mais connu pour avoir été écrit par Grille et Musset-Patay.
Source partielle
(en) « Emmanuel de Las Cases », dans
Encyclopædia Britannica, 1911 [ détail édition] [
lire en ligne]
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Le plus important prix historique napoléonien d'Amérique porte le nom du mémorialiste, il s'agît du "Prix Mémorial Comte de Las Cases":
http://www.inmf.org/prixlascases.htm

 

LASCASES-PRISONNIERNAPOLEON-DICTE

Monographie de la commune de Revel

d’après Frère Léodère Géry.


           

MEMORIAL


Emmanuel Augustin, Dieudonn é, comte de Las Cases, l'un des compagnons d'exil de Napoléon à St-Hélène né en 1766 à Revel, appartenait à une famille d'origine espagnole qui se vantait de compter parmi ces ancêtres l'apôtre des Indiens, le vénérable Barthélémy de Las Cases.
     Après avoir fait de bonnes études à Vendôme chez les Oratoriens, et à Paris à l'école militaire, il entra dans la marine comme aspirant, et fut immédiatement embarqué sur l'escadre employée au siège de Gibraltar.
     Au rétablissement de la paix, il entreprit des voyages scientifiques avec Lapérouse.
En 1791, Las Cases émigra avec la plupart de nos officiers, et alla grossir les rangs de l'armée de Condé à Colbentz.
Plus tard, il fit partie de l'expédition de Quiberon ; après le désastre qui la termina, il se retira en Angleterre où il vécut en donnant des leçons de français.
     Une expédition anglaise entrée dans l'Escaut, s'était emparée de Flessingue, menaçant Anvers et la flotte que Napoléon y faisait construire. Las Cases s'inscrit parmi les volontaires pour purger le sol français.
Par cet acte de dévouement, il se fait remarquer du Maître, qui attache le bouillant volontaire à son service. Lors du rétablissement de la garde nationale à Paris, à la suite des événements de 1813, il fut appelé au commandement de la 10 ème légion.

 

Quelques mois plus tard, il refusait de signer avec les autres membres du conseil d'Etat, dont il faisait partie, l'acte de déchéance de Napoléon...
     Aux cents jours, Las Cases fut nommé Conseiller d'Etat, en même temps que grand chambellan de l'empereur.

Le désastre de Waterloo ayant encore une fois bouleversé les projets de Napoléon, il resta fidèle au malheureux : de servir à Malmaison quand l'empereur prit la résolution de s'éloigner de France et d'aller chercher le repos aux Etats Unis, il s'offrit pour partager son exil.
     Napoléon, touché de cette marque de fidélité lui permet de l'accompagner à Rochefort avec son fils aîné.
Empêché par une croisière anglaise, il renonce à son projet et part pour St Hélène. Las Cases accompagna l'empereur ; ce dernier lui dictait ses mémoires, se plaisait à converser avec lui sur les grands événement de son règne.
     Chaque soir, avant de s'endormir, Las Cases avait droit de transcrire ses entretiens de la journée. Cependant son séjour à St Hélène ne fut pas de longue durée : dès le 27 septembre 1816 par suite d'une lettre qu'il adressait à Lucien Bonaparte, et dans laquelle il dénonçait les indignes traitements qu'on faisait subir à l'empereur, le gouverneur de l'île le transféra au Cap.
Après huit mois de séjour dans ce nouvel exil, il fut transféré en Europe, et les puissances alliées lui assignèrent pour séjour Francfort sur le Mein.
     Plus tard il lui fut permit de se fixer en Belgique.
    Ce ne fut qu'après la mort de Napoléon qu'il rentra en France.

 

Après la révolution de juillet, Las Cases, fut nommé membre de la chambre des députés par l'arrondissement de St-Denis. Il mourut le 15 mai 1842, après avoir eu la satisfaction de voir rendre à la France les restes mortels de l'homme à qui il avait donné des preuves d'un attachement et d'un dévouement qui honorent toujours sa mémoire. Sa statue orne une des places de Lavaur
         

 

 

L'auteur du" MEMORIAL DE SAINTE-HELENE "

Emmanuel de LAS CASES

est né près de Revel

 

(extrait de « Sud 81 – n°17 – automne 1969 – pages 18 – 23)

 

Au début du XIIème siècle, dans une croisade contre les Maures d'Espagne, apparait l'ancêtre de celui qui est l'objet de notre article ; enlas-cases récompense de sa vaillance le duc de Bourgogne lui octroya « todos las casas », toutes les maisons des vaincus.


Voilà l'origine traditionnelle ou fabuleuse des Las Cases. Cette famille illustre et puissante connait par la suite bien des vicissitudes.

 

Dépouillée de sa splendeur, confondue avec la foule des gentilshommes, on la retrouve néanmoins sur tous les champs de bataille de notre Histoire, qu'elle teinte souvent de son sang.

« Emmanuel, du quatorzième degré, Chevalier, Marquis de Las Cases, Seigneur de la Caussina de Paleville, Couffinal et Spugnets », naquit en 1766, au vieux et modeste manoir de ses pères, situé entre les petites villes de Revel, Soréze et Puylaurens.

ferme

De bonne heure, le jeune homme fut envoyé à l'école militaire de  Vendôme.

Le succès de ses études l'entraine à l'Ecole Centrale Militaire de Paris, où il précède Napoléon d'un an. Emmanuel sollicite la faveur de s'engager dans la Marine Royale et cet honneur lui est rapidement accordé. Le jeune Las Cases se retrouve donc sur l'Actif, brick de 74 canons, à la poursuite d'une escadre anglaise dans la Manche.

De là, il accompagne le gros de la flotte française au siège de Gibraltar et assiste ainsi au désastre des pames de l'ingénieur d'Arçon. Après avoir failli périr à la bataille de Cadix, en octobre 1812, Emmanuel est versé sur le navire amiral Royal-Louis de 130 canons ; lorsque survint la paix.

Las Cases accomplit son temps réglementaire sur plusieurs vaisseaux qui l'amènent à Saint-Domingue, Terre-Neuve, la Martinique, la Guadeloupe, Tabago et Boston. De retour à Brest, Las Cases décide de monter en grade. Il se réfugie chez son mentor, le Marquis de Kerganou, qui lui ouvre les portes de son château aux environs de Lannion.

En quelques mois, grâce à sa prompte intelligence et à sa ténacité, Las Cases. assimile les six volumes du cours complet de mathématiques de Bézout. En 1788, l'examinateur Monge fera décerner à Las Cases le brevet de Lieutenant de Vaisseau.

 

Notre héros est le plus jeune des officiers supérieurs de la Marine Royale Française : il n'a pas encore 22 ans !

>Mais la Révolution gronde. En 1790, emporté par ses convictions, Las Cases est un des premiers à émigrer pour rejoindre le prince de Condé à Worms. Il séjourne ensuite en Angleterre, puis revient en France après l'amnistie du Premier Consul auquel il se rallie sincèrement.

Engagé volontaire, se couvrant de gloire au siège de Flessingue, il est fait Chambellan, entre au Conseil d'Etat et reçoit le titre de Comte d'Empire. Alors se succèdent les missions ,de confiance : Hollande, lllyrie, départements d'Empire. La chute de Napoléon le contraint à partir en Angleterre. Il revient en France lors des Cent Jours, réintègre ses charges et devient Préfet de Metz puis commissaire impérial.

Après Waterloo, Las Cases rejoint spontanément l'Empereur qu'il suit, à Rochefort, puis à Sainte-Hélène.

litho

 

 

Extrait des notes biographiques du '' Mémorial de Sainte-Hélène "

 En 1816, déporté au Cap de Bonne Espérance où il demeure huit mois prisonnier, il s'évade, manque vingt fois de se noyer, atteint les rives anglaises. Proscrit, il est renvoyé sur le continent et échoue finalement à Francfort.

Dès lors, en dépit d'une santé déplorable, Las Cases consacre son temps sans relâche pour améliorer le sort du grand captif. Cette tâche ne finit même pas à la mort de celui qui en est l'objet. Las Cases rentre tristement à Passy, près de Paris.

En 1823, en pleine Restauration, Las Cases publie « le Mémorial de Sainte-Hélène », recueil de propos recueillis auprès de l'Empereur durant sa captivité. L'ouvrage devint aussitôt européen ainsi que son auteur, qualifié de «courtisan du malheur ».

 

FALAISESLa Révolution de 1830 arrache Las Cases de sa retraite. Partisan du Progrès, constamment réélu, il milite avec distinction dans les rangs de l'opposition ; il demeure inébranlable jusqu'à la victoire de ses idées, dix ans plus tard.

Père de trois enfants qui perpétuèrent des vertus héréditaires, ayant acquis la confiance et l'amitié de celui qui gouverna le Monde, le Comte de Las Cases mourut dignement à Passy-sur-Seine en 1842 au milieu de la ferveur générale.

Symbole du courage et du dévouement dans l'adversité, Las Cases se trouve comme identifié avec un nom et des souvenirs qui dureront autant que l'Histoire.

 

Son enfance dans la région de Revel

 Texte de Yves BLAQUIERE

Photographies Michel BOURGUIGNON

 « L'an 1766 et le 22e du mois de juin », l'église de Couffinal étant en reconstruction, c'est dans celle de Belleserre batisterequ'un nouveau-né fut baptisé : Marie-Joseph ­Emmanuel, Auguste Dieudonné de Las Cases.

La jeune maman, qui n'a que 16 ans de plus que son fils, appartient à une très vieille famille de la région : les Ranchin qui, à Lavaur, à Puylaurens, à Blan, possédaient de vastes domaines.

Le père, un militaire, le marquis de Las Cases, descend d'une famille fière de ses titres mais pauvre. Il avait, à cette époque là, « le commandement militaire de Revel, Soréze et pays dépendants ».

La maison natale, à 5 km de Revel, sur la route de Castres, à gauche, après la côte d'En Geisse surprend par sa simplicité. II y a bien sûr cette note d'élégance discrète du XVlllème.

Pourtant certains s'étonnent ; ils attendaient la gentilhommière digne d'un nom aussi connu. Ils trouvent une petite maison modeste, c'est pourtant là qu'est né celui qui a suivi Napoléon dans son exil, celui qui a écrit • le Mémorial de Sainte-Hélène ».

Telle qu'elle est, cette maison est un document pour notre histoire. Document qu'il serait peut-être utile de protéger...

Las Cases n'oubliera jamais ses premières années : 

 « Je me revois sous l'ormeau paternel faisant des chapelets de grains de mauve ...
Je vois mon père entouré de criminels qu'il jugeait en sa qualité de gouverneur des lieux voisins.
Je suis sur les genoux de M. le Curé me donnant les premières leçons de catéchisme et recevant ma confession qui n'était autre chose que de lui souffler dans l'oreille car c'était tout ce que je croyais avoir vu faire à d'autres !
Je revois ma nourrice courant pour m'attraper des papillons... » 

Au cours de ses promenades il lui arrivait de rencontrer un vieux paysan centenaire : 

«  Il m'élevait toujours dans ses bras, disant que je serai roi. J'ai vécu un temps où personne n'était à l'abri d'une couronne. » 

En 1772 « une fièvre épidémique courait le quartier » disait-on. Son père l'envoya chez des voisins, amis, au château de Padiès.padies

 

Ecoutons Las Cases :

 

« ... Madame de Padiès était la jeune femme d'un vieux mari dont elle n'avait point d'enfant. Tout était sens dessus ­dessous pour moi dans le château, on ne s'y occupait que de moi. A toute heure du jour on courait au pigeonnier pour m'avoir des oiseaux. On dépeuplait les charmilles voisines de leurs nids. Je ne sortais pas de dessus les genoux de ma nouvelle mère qui me semblait la plus jolie personne du monde...

Je vois encore ces immenses cheminées où l'on s'asseyait en dedans, ces vieilles tapisseries fourmillant de bêtes, de chasses et d'oiseaux. »cheminee

 

Plus tard, lorsqu'il aspirera au repos, après tant de voyages et d'aventures, c'est à Padiès qu'il pensera, ce Padiès encore aujourd'hui inchangé.

 Le marquis, son père, se préoccupant de l'éducation de ce jeune garçon l'envoya à Soréze chez Mme Blache :

 « Elle nous apprenait à lire et à écrire et aussi à réciter de petites fables avec aplomb et avec grâce, à entrer dans un appartement, à saluer comme il faut, à bien porter notre chapeau sous le bras et à baiser la main des dames. Je répétais toutes ces belles choses dans un petit salon, incliné devant une glace. »

 

Mais, à 8 ans, sa tante, la comtesse de Berny, le fit venir à Paris où il reçut une éducation plus poussée. Avant son départ, en décembre 1774, il dut aller saluer sa grand-mère Marie de Naves de Ran­chin et même son arrière grand-mère, presque centenaire.

Suzanne de Buysse qui avait épousé Charles de Ranchin en 1711.

  « Elle était sourde et aveugle. On eut bien de la peine à lui faire comprendre qui j'étais. »

 Elle voulut lui donner « une pièce toute neuve de 24 sols, mais cette pièce (hélas !) était retirée de la circulation depuis trois-quarts de siècle ».

 L'heure de la séparation arrive : après la messe du départ. le curé de Couffinal lui donne sa bénédiction.

Pendant dix ans, l'enfant ne reviendra pas. En 1780 son père meurt. Mais ce n'est qu'en 1783 qu'il retrouvera avec émotion sa mère, Soréze où son frère est pensionnaire, Padiès, Revel, Puylaurens, Lamalde.

Il vient d'être nommé lieutenant en avril 1789 lorsque nous le retrouvons chez nous. Il y séjourne alors plus longuement. Ce n'est plus Padiès qui l'attire, semble-t-il, mais plutôt la vie brillante du château de Vaudreuilhe.

vaudreuilleLe marquis a des filles charmantes. L'une d'elles, la plus jeune est l'âme de la société qui accourt chez son père.

Plus tard, sans plaisir, mais par devoir, elle obéira à son mari et deviendra dame d'honneur de l'Impératrice Joséphine.

Elle aidera alors plusieurs jeunes Revélois grâce à ses puissantes relations. C'est elle qui présenta à l'impératrice notre jeune Las Cases.

Bien sûr, les historiens ne sont pas d'accord sur Las Cases. Les uns le présentent comme le modèle de l'Ami fidèle et fervent. Les autres le critiquent durement. Ici même, tout près de Revel, dans une vieille famille, bien enracinée, où les amitiés et les rancunes mêmes séculaires ne sont pas oubliées, on m'a dit un jour :

«Mes ancêtres l'ont toujours considéré comme un arriviste ! » Et quelle vigueur, dans le ton !

 Vers 1858, on eut l'idée d'élever une statue de Las Cases à Revel. Mais l'idée avorta.

Les Vauréens la reprirent sans tarder, à leur compte, et quelques années plus tard fut inaugurée la statue qui domine l'Agoût sur la terrasse de: l'ancien jardin des Evêques.

Les Vauréens en sont très fiers. A les entendre notre grand homme est de chez eux... Il est vrai qu'à Revel, on ne songea même pas, en son honneur, à baptiser une rue !

Lorsque Las Cases fut séparé de l'Empereur, il eut la joie de recevoir cette lettre :

 « Votre conduite à Sainte-Hélène a été comme votre vie : honorable et sans reproche. J'aime à vous le dire. Ventez ­vous de la fidélité que vous m'avez montrée et de l'Affection que je vous porte. Votre dévoué Napoléon. »

 

Voici comment Jules Bertaut parle de notre compatriote :

« Napoléon aura eu pour ses dernières années le grand témoin attentif, probe, sincère et enthousiaste qu'il méritait. »

 Ce serait là, n'est-ce pas, une magnifique conclusion pour « Las Cases ».

Pourtant, sa maison natale n'est plus habitée que par les pigeons. Lorsqu'elle croulera, sans doute, tous les historiens de France s'indigneront.

Pourtant rien n'aura été tenté pour la sauver... Sur la route, rien ne la signale, pas même une simple plaque commémorative!
(NDLR : depuis la publication de cet article en 1969, un espace a été réalisé pour le souvenir de Las Cases)

 

MONUMENT1 MONUMENT00
Médaillon de Pierre Jean David d'Angers (1788/1856)

Stèle inaugurée le 30 Septembre 1995
à l'arrière plan : "Le Chateau de Las Cases"
Architecte bénévole Edouard Veyret-Doure - Albi

 

 

 

Un nouveau panneau à la mémoire d’Emmanuel  de Las Cases (1766/1842)


 

Sur la Route Départementale 622, de Revel  à Castres, près de la maison natale de l’auteur du « Mémorial de Sainte-Hélène » publié en 1823,  se dresse un obélisque érigé à la mémoire d’Emmanuel de Las Cases, baptisé dans l’église du village tout proche de  Belleserre,  le 21 juin 1766.
C’est Francis Carrade, alors maire de Lescout et Président de l’Association  «E. de Las Cases, mémorialiste de l’Empereur »  qui avait œuvré pour la mise en place de la stèle sur un terrain donné à la commune de Blan par M et Mme Lacombe, actuels propriétaires de la maison natale de l’auteur du  Mémorial. L’inauguration du monument avait eu lieu le 29 septembre 1995. Un colloque avait eu lieu, le 30 septembre à Revel, suivi d’une exposition à Sorèze de mai à septembre 1996, organisée par Yves Blaquière. Un panneau explicatif situé près de la stèle permettait d’informer les visiteurs.

Ce panneau s’étant dégradé,  M. Francis Carrade souhaitait son remplacement.
La Communauté de Communes Lauragais, Revel et Sorézois  a permis, en juillet 2013, l’installation d’un nouveau panneau illustré dont  le support en bois a été fabriqué par M. Jean-Claude  de Bortoli, maire de Blan.             

M. Jean-Pierre Gaubert auteur de « Las Cases – l’abeille de Napoléon » et Mme Viallelle
devant le nouveau panneau consacré à Emmanuel de Las Cases à Blan (81)
en Juillet 2013

 

La réalisation du panneau sérigraphié a été confiée à la Société Pélegry située à Labruguière.
Les textes ont été fournis par M. Francis Carrade, M. Jean-Pierre Gaubert, auteur du livre « Las Cases, l’abeille de Napoléon »  M. et Mme Vialelle, auteurs d’articles sur la famille de Las Cases dans « Les Cahiers de l’histoire de Revel », avec l’aide de M. Jean-Paul  Calvet, Président de la Société d’Histoire de Revel Saint Ferréol qui en a composé l’infographie et la maquette  .

Le monument est désormais placé sous la sauvegarde de la mairie de Blan et de l’association de  Revel (Société d’Histoire de Revel Saint-Ferréol) qui fait suite à celle de M. Francis Carrade aujourd’hui dissoute.
Ainsi, grâce à l’action conjuguée de plusieurs personnes   le souvenir d’Emmanuel de Las Cases est mieux perpétué dans le Tarn et la Haute-Garonne.

Le panneau mis en place sur le site de Las Cases (recto/verso)

 

 

 

 

 

 

ANNEXE

 

Quelques mots sur le Château de Padiès.

 

Le docteur Clos nous raconte qu'au temps des guerres de religion, les troupes protestantes et les consuls de Puylaurens détruisaient les forts des villages, ils se jetèrent aussi sur le château de Padiès.

Jean-Gaspard de Padiès, d'une famille dans laquelle la bravoure ne s'est jamais démentie et a souvent été portée jusqu'à la témérité, se défendit avec une opiniâtreté que les assiégeants étaient forcés d'admirer. Lorsqu'il se vit sans ressources et prêt à tomber entre les mains des ennemis, il s'assit sur un baril de poudre qui lui restait et se fit sauter.-

Le château fut restauré et de 1612 date l'étonnante façade Renaissance.

Sur un fond de briques roses se détachent la porte et les fenêtres à meneaux dans leur cadre de pierre sculptée. Chacun de ces encadrements est un miracle de rigueur et d'invention.

D'étranges visages qui raviraient Cocteau nous regardent et sourient. A l'intérieur, nous attendent les grandes salles que Las Cases aimait tant. Celle du bas, un peu mystérieuse, avec les barreaux de sa fenêtre, son gros pilier central et les grands meubles sombres. Au premier étage, plus clair et assez solennel, le grand salon aux murs vêtus de toiles peintes. Dès la porte, l'impression est saisissante. Par-delà les beaux sièges auréolés de leur patine, chargés de tous les sortilèges de leur temps, voici que s'impose à nous dans son équilibre royal la cheminée. Celle ­là même où tout enfant, Emmanuel de Las Cases allait se blottir près d'un grand feu, lorsque devenaient trop inquiétants le silence et les ombres de la vieille maison...

Le rose vif des briques, souligné de blanc, conserve sa fraîcheur et sa valeur décorative.

 

 

LE PRIX LAS CASES

 

 PRIX-LASCASES-01

PRIX-LASCASES-02

 

POUR COMPLEMENT D'INFORMATION VOIR LE SITE CI-JOINT

 

 http://inmf.org/ganadoresintlascasesf.htm

 

 

Le Comte de Las Cazes : Un Revelois à Sainte-Hélène récit par Paul Redon
Société d'Histoire de Revel - Saint Ferréol

 

La vie de Barthélemy Félix François Joseph de Las Cases
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Cécile Guérau d’Arellano (1888-1976) - Une artiste peintre du Lauragais, oubliée !

 

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